Sud Chili - Argentine·Voyager avec un bébé

Prendre le bus en Argentine avec vélos et bébé

Oui ça mérite un article ! Surtout pour nous, qu’on se souvienne de ces transports épiques.

C’est un total de 6 bus que nous avons pris en Argentine (Cachi-Salta, Salta-Cordoba, Cordoba-Neuquen, Neuquen-San Martin de los Andes, Los Antiguos-Comodoro Rivadavia et Comodoro Rivadavia-Buenos Aires) soit 83h au total (3h+14h+20h+10h+7h+29h).

On peut vous le dire: ce n’est pas simple de prendre le bus avec des vélos en Argentine !

Les vélos :

Il paraît que c’est interdit dans les bus. On nous l’a dit plusieurs fois et même vu cette affiche sur le bus que nous avons pris avec nos vélos :

Dans la réalité, tout est négociable. Les billets de bus sont achetés à des vendeurs pour qui la présence des vélos ne fait ni chaud ni froid, eux, vendent juste les billets. Les problèmes arrivent quand le bus se gare soit 15min avant le départ et sous la pression d’une foule de voyageurs pressés de déposer leurs bagages en soute pour rentrer s’assoir.

Toujours un bon coup de stress. Surtout que nous refusons d’enlever les roues et d’emballer les vélos comme certains nous le demandent. Nous y allons au culot et ça a toujours marché. Un français rencontré sur la route nous a raconté qu’il avait voulu prendre le bus avec son vélo à la période de Noël. Les bagagistes lui ont ri au nez. Pas de vélo pendant le rush des départs. Il a donc fallu qu’il court déposer son vélo au comptoir pour le cargo avant que son propre bus ne parte. Il a reçu le vélo 3 jours après. La deuxième fois, il a dû attendre deux semaines à San Martin de los Andes que son vélo soit livré. Deux semaines ! Autant dire que pour notre retour vers Buenos Aires, les vélos partaient impérativement dans le même bus que nous. On aurait l’air bête de recevoir nos vélos une fois dans l’avion !

Les bagagistes et les conducteurs sont des personnes différentes et vous pouvez être sûr que les conducteurs refuserons systématiquement les vélos. Il faut donc les squeezer et aller directement devant les soutes négocier.


Le prix:

Il dépend de ta tête, de l’humeur du bagagiste, des autres bagages en soute et du prix du billet de bus mais pas toujours.

Parfois tu reçois une facture avec la somme inscrite parfois juste un ticket de bagage extra. Aucune idée à qui va l’argent dans le second cas.

Sur la Carretera australe (Chili) ils ont l’habitude des vélos dans les bus car la majeure partie du tourisme y est fait de trekkeurs et de cyclistes. On a vu des billets de bus à 4000pesos par personne et 7000pesos par vélo, prix identique que l’on soit étrangers ou Chiliens. Un conducteur plein de bonne humeur avait répondu à des Chiliens qui se plaignait de l’absence de place pour les vélos :  » en même temps, vous êtes venus pour faire du vélo et non du bus alors allez donc pédaler, faignants ! ».

En Argentine, on a généralement payé 200pesos x 3 soit 30euros ( 2 vélos et la remorque). Un bagagiste a aimé notre tête, enfin celle de Sam, à los Antiguos et nous n’avons payé que 200p en tout. Il nous a dit de ne pas montrer notre facture aux conducteurs. Dans le bus d’après, ça a été l’inverse. La tête de Benoît n’est pas passée et on a dû payer 1400p soit 70euros !!!

Quand je dis qu’il faut aller voir le bagagiste pour négocier, je ne parle pas de négocier le prix mais juste le fait d’accepter de mettre les vélos dans les soutes. Le prix, pas le choix. Le bus est là, les gens montent dedans. Si le bagagiste refuse les vélos (il est tout puissant), nous sommes dans une situation sacrément délicate alors mieux vaut faire profil bas.


Les repas inclus dans le prix:

Il faut voir les compagnies de bus comme des compagnies aériennes: les variations de prestations sont grandes pour le même prix. À part une compagnie qui nous a servi des lasagnes, les repas sont de grandes blagues. Pauvres mini sandwichs et desserts hyper sucrés. Ici les produits industriels sont beaucoup plus sucrés qu’en France. Même le café en poudre a du sucre dedans.

Ils sont servis en dehors des heures convenables. Tu as le temps de te résoudre à devenir cannibal et manger ton voisin avant qu’ils se décident à t’apporter un en-cas. Notre bus de 29h a fait fort : dîner à 23h30, petit déjeuner à 10h et puis, pour une raison inconnue nous n’avons eu aucun déjeuner ni dîner jusqu’à l’arrivée à Buenos aires à 21h. Et les gens ne disent rien !

On a remarqué que les Argentins ne  sont  pas revendicateurs alors qu’on se souvient des Péruviens et Boliviens faire des scandales pour 10min de retard au départ ou la musique qui ne fonctionne pas. Ici, on part 30min en retard, ça ne gêne personne. On nous met 3 fois le même film, personne ne tilte. On ne nous sert pas de repas, pas de soucis. On nous a même demandé à 22h (alors que Sam c’était endormi 20min avant) de descendre  du bus et de reprendre tous nos bagages à main pour nettoyer le bus. À 22h et avant de nous avoir servi le repas qui va évidemment joncher le sol de débris alimentaires et de plastique : il n’y a pas un problème là ? Non, visiblement, les Argentins ne sont pas outrés. Ils commencent quand même à s’impatienter quand les 20min de stop se changent en plus d’une heure. En France, un mélange de « on ne vous donne pas à manger, descendez du bus avec toutes vos affaires et attendez dehors sur le quai en pleine nuit » aurait très très certainement fait scandale ! Et le pire, c’est que le bus n’était pas nettoyé quand on est remonté dedans…

Il y a aussi l’arrêt du bus au milieu de nulle part à un restaurant à 14h. Les conducteurs sont attendus avec une parilla ( différentes viandes cuites au barbecue et posées sur la table sur un grill) pendant que les passagers du bus affamés par l’absence de déjeuner servi se bousculent pour passer commande de sandwichs. Benoît était très en colère…moi, j’avais méga faim alors j’ai craqué pour une portion de frites. Je rigole en écrivant ses mots. Benoît me demande ce que j’écris et il me dit :  » ah non, les bus, ça ne me fait pas rire du tout ». Toujours traumatisé !


Voyager avec un bébé :

Autant je n’aime pas beaucoup la passivité des Argentins à accepter la maltraitance par les compagnies de bus autant je la bénis quand Sam crie, pleure et fait tout un Ramdam. En même temps, quelle galère de tenir un enfant sur ses genoux pendant 29h, de l’empêcher de se mettre debout pour ne pas qu’il tombe à chaque ressaut ou tournant et de lui refuser aussi d’aller faire du 4 pattes dans le couloir à cause de la saleté et de la présence d’un escalier (les bus sont à 2 étages : lit en bas et semi allongé en haut). Des cris forcément,il y en a  eu. En France, regards meurtriers et jugeant la mauvaise mère que tu es. Nous sommes pareils avec Benoît, on déteste le bruit dans les transports et particulièrement, les cris d’enfants. Ici, pas de soucis, c’est normal me répondent-ils quand je m’excuse. Sam leur bousille la nuit et le lendemain, ils jouent avec lui, lui sourient, le trouvent mignon et le gratifient d’un gâteau.

Ah les gâteaux, parlons en ! Oubliez le bio, les fruits, les gâteaux sans graisse saturées, ici c’est le paradis de la mal bouffe. Il existe pourtant d’excellents  gâteaux à l’avoine. L’eau est potable mais on ne donne jamais de carafe d’eau au restaurant, les gens boivent du soda. Et ce sucre partout ! Auriez-vous l’idée de donner des gâteaux à un enfant inconnu à n’importe quelle heure de la journée? Sam avec sa tête d’ange et son regard du chat botté de Shrek (el gato con bottas) est le roi de l’entourloupe. Continuellement un gâteau dans la bouche donné à tour de rôle par quasiment tous les passagers du bus (hommes et femmes confondus). Il n’a donc rien voulu manger à l’heure du déjeuner. Mon petit pot de poulet-légume avait l’air bon pourtant !
Évidemment, ça aussi ça n’a pas du tout fait rire Benoît. En plus, pendant nos 7h d’attente à Comodoro Rivadavia, nous nous étions assis avec tout notre barda à côté du vendeur de sucré-salé. Dès que Sam appercevait un enfant, il accourait pour jouer. Sauf que ces enfants venaient de se faire offrir quelques choses donc les parents voyant cet enfant adorable tendre la main vers l’aliment ou le jouet craquaient et offraient. Bouteille de jus de fruits, sucettes à plusieurs reprises, pistolet à eau, gâteaux diverses et variés. Sam en plus ne voulait que jouer avec les enfants. Il est dans une phase d’échange d’objets. Il réclame ce qu’on a dans les mains puis nous les rend et le reprend et le rend jusqu’à épuisement de son partenaire. Tous ces cadeaux…Sam avec ses habits en lambeaux, il faisait pitié à voir. Promis à Buenos Aires, on lui achète de nouveaux vêtements  pour en faire un petit gars convenable. Pas envie de se faire arrêter par la douane de Paris pour incitation à la mendicité !
Gare du Buenos Aires :

Une bouffée de chaleur moite et des gens partout partout partout. Benoît se retourne : « on est à Delhi là ! ». En effet, même sensation qu’en Inde. Avec notre état de fatigue, cette vague humaine nous oppresse. Comment trouver un espace pour remonter les vélos dont pédales et dérailleurs ont été ôté pour le trajet ?
Ah ces voyages en bus sont de vraies aventures ! On s’en souviendra longtemps et puis, il faut le dire: la prochaine fois on prendra peut être l’avion ! Avec enfants et vélos, finalement l’avion entre deux villes devient une option envisageable malgré tous les embêtements que comporte un vol.

 

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