Voyager avec un bébé

Bilan pour notre cyclo-bébé à 4 mois du départ

Il est temps de refaire le point sur la vie de cyclotouristes avec un bébé. Le dernier bilan date d’août…

Il faut le dire : c’est fatiguant et il n’y a jamais de vrai repos car quand on ne pédale plus, Sam lui est plein d’énergie ! En même temps, nous passons de très mauvaises nuits non réparatrices qui ne seront pas le lot de tous les parents cyclo. On jalouse parfois les cyclo sans enfant qui une fois la journée finit n’ont qu’à s’occuper d’eux même et se détendre.

Bien sûr, avec un bébé, on ne peut pas aller partout où on le voudrait. La route choisie doit être au préalable bien étudiée. Impossible de tomber en rade d’eau ou de nourriture et encore moins d’arriver sur une voie à fort trafic. Cette partie là ne nous a pas vraiment dérangé puisque de toute façon, nous ne voulions faire que les plus beaux endroits, pas le temps en 6 mois de faire tout en vélo. Par sécurité, nous portons toujours 2 jours  de nourriture de plus que le nombre réel de jour que nous prévoyons. Pas le choix, il faut se laisser une marge de manœuvre, tant pis si nous sommes chargés comme des mules. Il faut aussi prendre en compte que la distance parcourue chaque jour n’a rien à voir avec les capacités physiques des parents. Elle dépend surtout du rythme de l’enfant. Finies les heures de vélo jusqu’à 19h, il faut s’arrêter bien avant.

Et ce qu’on retient de notre expérience : les avancées de notre enfant, beaucoup d’amour,de bonheur et de bonne humeur dans ses temps familiaux !!! Ça vaut vraiment le coup !

De son côté, Sam est épanoui. IMG_3433.jpg

La nourriture :

Sam a 4 dents. Il mange seul les gâteaux et la plupart des fruits. Nous continuons à lui prémâcher la viande et certains aliments trop durent. Les fruits sont enrichis en avoine, farine de riz ou de quinoa.

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Fruits et légumes sont stockés dans la remorque dans 2 bacs en plastique

En Novembre, Sam s’est mis à refuser les petits pots de légumes préparés par Benoît tous les 2 jours. Il voulait manger ce que nous mangions. Nous cuisinons maintenant ses légumes directement dans notre riz/pâte/couscous. Bien plus économe en essence mais cela nous oblige à manger à ses horaires à lui.

Nous avons arrêt le biberon au profit d’une gourde anti-fuite. On s’en sert surtout pour les jus, le reste du temps il tète.

Nos gourdes, celle de Sam anti-fuite et son biberon

À refaire, nous aurions amené des petits pots en inox car les pots en verre du commerce ne sont pas faits pour être réutilisés. Ils cassent systématiquement au bout d’un certain temps.

Compliqué de cuisiner à sa hauteur ! Si on épluche des légumes, il débarque et tente de tout attraper. Il a un détecteur de bêtises : même s’il est occupé et qu’on s’éloigne, il finit par venir. Alors on sauve les légumes et on lui laisse les épluchures qui finissent par terre ou dans sa bouche. Il faut aussi être hyper-vigilant par rapport au réchaud. Il adore se mettre contre la jambe de son père pour voir au plus près cet objet auquel il n’a pas le droit de toucher.

Il a faim, il est prêt à mettre les mains dedans
La réchaud s’observe DERRIÈRE le genou de papa

Il voit tout ce qu’on mange, il sait même reconnaître les emballages de nos chocolats préférés ! S’il est affamé, il nous colle, essaie d’attraper les aliments dans nos mains et veut mettre les doigts dans le plat. Une vraie bataille ! Quand il commence à être rassasié, il nous tourne le dos pour jouer. Nous luttons pour viser sa bouche.

Nos habits sont tachés de nourriture à chaque repas. Il met les mains dans la bouche puis s’appuie contre nous (on pourrait dire s’essuie sur nous).

Les framboises, ça ne pardonne pas !

Je vous le dis : belles inventions les chaises hautes et les plans de travail !

Les habits:

Ses hauts en Mérinos sont bien abîmés au niveau des manches. Ils ont pensé à renforcer les genoux mais pas les avant-bras, ça frotte quand il rampe. En même temps, il porte son mérinos 24h/24, normal que le laine s’use. Nous avons eu raison de choisir la cagoule en mérinos et non celle en polaire. Il s’avère qu’il sue assez vite de la tête. Le mérinos, plus respirant et qui tient chaud même mouillé, nous rend service tous les jours. Elle s’est détendue à un moment et était devenue trop grande pendant 2 ou 3 semaines.

Sam ne marche pas encore. Il crapahute en chaussettes antidérapantes ou dehors en salopette imperméable avec pied inclus. D’ailleurs, nous sommes ravis de cette salopette. Utilisée pluri-quotidiennement, elle a fini par s’ouvrir au niveau d’un pied. Il faudrait la faire recoudre pour limiter un peu l’entrée de saletés et d’humidité. Encore une fois, nous l’avons tellement utilisée qu’il est normal qu’elle s’use.

La doudoune et la polaire en combinaison font doublons. Utiles que par grand froid. Les journées sont chaudes là où nous sommes allés et les fins de journées fraîches, pas besoin des 2. À refaire, on garderait la combinaison doudoune et on prendrait une polaire pull pour ne pas entraver ses mouvements quand il joue en fin de journée.

Bivouac à 5000m : nous avions superposés les 2 mais il ne pouvait plus bouger !

Sommeil:

Comme il fait moins froid la nuit depuis quelques semaines, Sam n’est pas entravé par ses vêtements chauds. Il bouge énormément et sort de son sac de couchage (chancelière). À refaire,  nous aurions dû mettre un système de turbulette accroché à l’intérieur du sac pour le bloquer dedans. Actuellement, il finit par se coller à nous la nuit. Comme il bouge, on se pousse et il nous pique notre matelas !

Nous sommes aussi très contents de la chancelière Kaiser en peau d’agneau malgré son poids. Sam n’a jamais eu froid dedans. Il reconnaît l’odeur particulière de son lit!

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Hygiène :

Il adore toujours se baigner dans sa bassine Ortlieb. Et non, elle n’est pas trop petite contrairement à ce que pensent certains !! Après c’est sûr, il ne faut pas trop qu’il bouge sinon les bords s’affaissent et elle se vide. Il a pris l’habitude de bien lever les jambes pour en sortir.

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Nous n’utilisons pas de lingettes pour le change, seulement un gant. Pas de soucis de ce côté là. La petite bouteille de liniment en cas de rougeurs est à moitié pleine.

Il veut se brosser les dents (enfin mâchouiller la brosse puis la laisser par terre dans la terre) à chaque fois que nous sortons nos brosses à dents. Je m’en suis rachetée une et je lui ai offert mon ancienne en bambou. On peut donc se laver les dents en famille et nous ne mangeons plus de terre !

Après le lac Titicaca, nous n’avons utilisé que des couches jetables, les zones désertiques sans eau n’étant pas adaptées à l’entretien que nécessitent les lavables. En Patagonie, nous reprenons doucement les lavables la journée.

Jouer:

Au début du voyage, Sam ne voulait que mes bras. Je n’arrivais pas à faire mes sacoches le matin. Benoît devait tout faire pour moi. Et puis, il a commencé à jouer seul. On s’inquiétait tout le temps des petits cailloux qu’il mettait dans sa bouche, peur qu’il s’étouffe. Finalement, on s’est habitués et on a fini par arrêter de le surveiller tout le temps puisqu’il « goûte » les cailloux chaque jour de tous les endroits où il est posé à terre !

Vers 10mois est apparu la peur de l’abandon commune à tous les enfants de cet âge et avec ça le retour du pot de colle dans les bras de sa mère ! Il a rapidement repris ses habitudes de jouer seul à la condition que je sois toujours dans son champs de vision sinon attention aux oreilles, hurlements assurés !

Encore une fois, c’est passé. Il adore aller voir ce que fait son père et peste toujours un peu si je disparais.

En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’il faut aimer jouer avec son enfant quand on part en voyage avec un enfant unique. Ça crée un lien un peu fusionnel avec lui même si on ne le veut pas. Heureusement, Sam ADORE aller vers les autres enfants plus âgés. Il part à 4 pattes et s’accroche à eux pour se relever. Il arrive quasiment tout le temps à jouer avec eux même sans parler ni marcher. On a vu des enfants lâcher leur tablette électronique pour jouer avec lui.

Sa passion actuelle comme tous les enfants de cet âge : sortir et remettre des objets dans nos boîtes et sacoches. C’est comme ça qu’on retrouve nos affaires par terre, remplacées par des bouts de bois, des cailloux ou épluchures.

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Papa va chercher longtemps sa clef à molettes…
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Xilophone offert pour son premier anniversaire

Anecdote: Une fois, de nuit dans la tente, nous n’avons pas allumé les lampes. On se changeait rapidement pour aller au lit. Sam était silencieux. Vous le savez, un enfant silencieux est un enfant qui fait une bêtise mais on s’est dit que dans la tente, il ne pouvait rien faire de grave… Quand j’ai voulu le prendre, mes doigts sont rentrés en contact avec un produit visqueux…il avait ouvert le pot de vaseline ! En plus d’en avoir mangé alors que c’est un dérivé du pétrole, il en avait partout sur le visage, les cheveux, les mains, les habits et sur la tente. La cata !!!

Caractère :

« Tranquilo « comme nous disent souvent les gens rencontrés. C’est vrai qu’il est calme. Il s’occupe seul longtemps si nous sommes avec d’autres personnes. Ce n’est pas le terme qui le définissait avant. Est-ce le voyage qui l’a rendu plus patient et autonome ou le serait-il devenu de toute façon ? On ne peut pas vraiment mesurer l’impact du voyage sur lui. En tout cas, il rigole tout le temps. Son tempérament bon-vivant nous aide à faire accepter notre voyage atypique auprès des personnes les plus retissantes. Il respire le bonheur cet enfant donc on ne peut pas critiquer notre démarche.

La remorque :

Sam l’adore. A l’extérieur, il aime se mettre debout en s’y appuyant, vider son contenu ou y mettre des cailloux. Les petites roues en l’air sont un jeu dont il ne se lasse pas. Il dort la plupart du temps quand nous roulons et sinon il s’occupe. Après 16h, c’est plus compliqué. Si nous devons absolument encore avancer, nous lui passons les histoires enregistrées sur le smartphone par ses grands-parents, arrière grand-mère et tantes. Sa préférée reste celle comptée par Salomé sa cousine. Il sourit toujours et on est sûrs qu’il restera calme.

Nous avons fait le choix de lui faire porter un casque.

La remorque tient très bien le choc malgré les pistes difficiles que nous avons prises. On déplore juste que la toile se soit trouée à force de frottements et son manque d’imperméabilité malgré la sur-protection de pluie.

Les gens sont toujours intrigués par la remorque, c’est un bon moteur de rencontre car quasi inconnu en Amérique du Sud.

Maladies :

On compte :

-3 touristas au Pérou en mangeant comme nous les repas des restaurants.

Il a bu de l’eau dans sa gourde uniquement par grande chaleur. Le reste du temps, seulement l’allaitement. Je suis un très bon filtre à bactérie.

– un rhume constant pendant les 3 premiers mois. Au début, il fallait tout le temps le moucher la nuit au sérum physiologique puis il a appris à respirer par la bouche. On était plus tranquille, ça ne le réveillait plus la nuit malgré ses forts ronflements !

– une otite externe

–  douleurs abdominales et gaz peut-être liés à l’altitude mais en cours de bilan

– fièvre lors d’une poussée dentaire

Bref des petites maladies de bébé, que du banale qu’il aurait fait chez la nounou.


Vie de couple:

vie de quoi? Sam est avec nous 24h /24. Il dort à 10cm de nous si ce n’est moins quand il vient se coller à nous dans son sommeil.

Quand on ne pédale pas, finis les pauses romantiques où on se détend en couple devant le paysage. Nous avons toujours de multiples tâches à accomplir. Pas de pause ! Après l’histoire du soir et le coucher, on s’écroule tous les 2 de fatigue.

Vive la vie à trois dans 4m2 !

Il faut sacrement bien s’entendre pour se lancer dans un tel projet sinon avec la fatigue, les engueulades éclatent très rapidement et viennent rendre encore plus pénibles nos tâches quotidiennes. Heureusement, pas de soucis pour nous, on s’entend très bien. Je ne me souviens que d’un seul coup d’éclat (en fait, en y réfléchissant, on a retrouvé plein d’autres engueulades mais rien ne sert de vivre dans le passé 😉 ).


Voilà un peu notre vie de parents cyclo-voyageurs avec un bébé. J’imagine qu’avec des enfants plus grands, c’est encore différent. En attendant, on profite chaque jour de notre petit gars !

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Un commentaire sur “Bilan pour notre cyclo-bébé à 4 mois du départ

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