Pérou

(Chivay)- Lagunillas-Puno

01/10
nuit à 4300m d’altitude

Chivay : Nous savons que notre prochaine étape est le lac Titicaca mais la question est : » y va t-on en vélo ? ». Le site internet des 2 américains nous propose de prendre des pistes sur plus de 350 km mais ils précisent que c’est un peu ennuyant et pas très intéressant comme chemin. Pas très engageant !

On décide de couper la poire en 2 et d’en faire une partie à vélo mais aucun bus ne peut nous emmener dans la ville souhaitée. Seul l’unique bus touristique qui se rend à Puno accepte de nous laisser lors d’un arrêt pour les touristes donc pas dans la ville souhaitée.

Jusque là, les Péruviens ne nous ont jamais recommandé un endroit particulier à faire à vélo SAUF 2 camionneurs en Apurimac qui séparément nous avaient loué la beauté de la région de la laguna lagunillas. Et justement, le bus touristique s’y arrête ! Ce n’est pas sur le trajet initialement prévu mais on se dit que ce n’est pas un hasard et qu’on doit s’y rendre ! Le seul problème est l’heure à laquelle ils vont nous y déposer : 17h soit probablement après que le soleil est disparu, avec le vent fort, la nuit qui tombe vite et le froid mordant. On a intérêt à trouver vite fait un campement.

Nous montons donc dans ce bus et Sam va encore faire du charme, même les touristes français le prennent en photo ! Ça ne loupe pas, en arrivant au mirador de la laguna, le soleil disparaît, le vent souffle très fort et AUCUN terrain plat pour camper. Le bus s’en va avec tous les touristes debout nous faisant des signes d’encouragement. Si nous voulons avancer sur la route pour trouver un lieu adéquat, Benoit doit remonter les vélos et ça lui prend 45 min. Impossible ! Sam va congeler !

Alors nous demandons au petit monsieur qui habite à coté du mirador s’il a un endroit pour nous. Pas de chambre. Il gagne sa vie en faisant payer aux touristes les toilettes qu’il a faites construire et nous propose de nous y installer. Oui oui dans les toilettes ! Mais attention grand luxe : sol super propre, aucune odeur, tout est nettoyé, savon au robinet et papier toilette. Nos vélos et la remorque rentrent même dedans tellement c’est grand ! Benoit va pouvoir remonter nos dérailleurs tranquillement au chaud.

02/10
33km
dénivelé positif = + 450m   dénivelé négatif= – 670m
nuit à 4160m d’altitude

La nuit a été affreuse. Pas à cause du lieu insolite mais Sam qui était un peu malade à Chivay (diarrhée-vomissements) refuse de manger et surtout a passé la nuit à crier de douleurs. J’ai passé une bonne partie de la nuit en dehors de mon sac de couchage pour le bercer et tenter de le calmer. J’ai eu très froid et je vois avec soulagement le soleil se lever à 5h30. Pauvre monsieur qui a du entendre Sam crier toute la nuit.

On quitte les toilettes tôt avant l’arrivée des premiers touristes. La vue sur la lagune est fantastique. Mon vélo se fait renifler par le mouton et la vigogne apprivoisée du monsieur.

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Sam ne veut rien manger mais a arrêté de se tordre de douleur. Pas de vomissement. Nous décidons donc d’y aller.

La piste que nous devons prendre se trouve un kilomètre plus haut. Il est 7h30 du matin et nous croisons une vingtaine de véhicules divers, surtout des bus et des camions imposants. Heureusement, il y a un bas-côté mais nous plaignons ceux qui décident de rejoindre Puno par la route asphaltée, le trafic use les nerfs.

Oh de la piste ! ça faisait longtemps ! Cette piste est une inconnue pour nous puisque nous ne connaissons aucun cyclo qui l’ait prise. Va t-elle être cyclable ?

Merci aux 2 péruviens qui nous ont dit de venir ici, les kilomètres que nous faisons sur une piste en très bon état nous ravissent : eau scintillante, flamands roses, vigognes…

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Ça monte et descend sous un beau ciel bleu et petit à petit, nous enlevons nos couches de vêtements. Sam retrouve rapidement le plaisir d’être libre de ses mouvements. Les habitants de la région sont plus froids avec nous qu’à l’accoutumé, certains ne répondant pas à nos bonjours.

 

La nuit se fera sur la plage d’une laguna. Trop épuisés par la nuit dernière, nous nous couchons le plus vite possible sans dîner. Le froid tombe très vite, on est mieux dans nos sacs de couchage.

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03/10
27km
dénivelé positif = + 320m   dénivelé négatif= – 270m
nuit à 4180m d’altitude

Sam s’est reveillé une dizaine de fois et a fait de la fièvre. Sortir du duvet était super dur car la température est descendue jusqu’à -5°c (peut être moins mais nous dormions). Pas facile de donner du paracétamol en poudre quand l’eau de la gourde a gelé…

Heureusement, Sam dormira jusqu’à 7h et laissera le temps au soleil de réchauffer la tente. Un homme vient nous voir pendant le petit déjeuner. Il se présente comme un élu local et nous explique qu’on lui avait signalé une tente de l’armée appartenant peut être à des voleurs. Quand il nous voit, il comprend vite qu’il n’y a aucun risque. Nous trouvons cocasse le fait de nous inquiéter d’un vol nocturne de nos sacoches et d’être pris nous même par les habitants pour des voleurs potentiels !

Encore une chouette journée de lagune en lagune.

Nous rejoignons la piste de Andesbybike (les 2 américains) et la qualité de la piste se dégrade franchement mais heureusement en descente. Benoît dira qu’on a vu pire et que si on ne pousse pas, c’est que la piste n’est pas si mal ! On installe bien le cale-tête de Sam pour qu’il puisse dormir malgré les secousses liées aux pierres et on roule !

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Au détour d’un virage, nous surplombons la lagune où nous avons décidé de dormir et découvrons des centaines de points roses pâles sur l’eau : une énorme colonie de flamands roses !

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Nous avons croisé 2 motos sur toute la journée donc camper en pleine vue sur la plage ne nous inquiète pas. En arrivant nous déclenchons un vol magnifique de flamands.

 

La tente est montée en fonction du vent et coup de chance, l’entrée est face à l’eau. Sam et moi profitons du spectacle à l’abri du vent. Sam demande à être dans les bras tout le temps et gémit beaucoup. Il refuse de dîner. Nous nous préparons à une énième nuit difficile.

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04/10
27km
dénivelé positif = + 370m   dénivelé négatif= – 220m
nuit à 4350m d’altitude

J’ai opté cette nuit pour la technique de Benoît : dormir en doudoune dans le sac de couchage, un peu trop chaud mais hyper efficace contre le froid quand il faut sortir s’occuper de Sam. Grand bien m’a pris car la température descendra dans mes phases de réveil jusqu’à -8°c.

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Une belle piste facile nous mène à plusieurs lagunes jusqu’à un col à 4500 m. Une longue vallée de plat ascendant nous sapera un peu le moral avant de définitivement descendre jusqu’à notre prochain bivouac.

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05/10
43km
dénivelé positif = + 60m   dénivelé négatif= – 500m
nuit à 3900m d’altitude

Ce sont les 10 mois de Sam et aujourd’hui, il va mieux, il remange et va même éclater de rire plusieurs fois ! Il n’empêche que la décision est prise de faire une recherche de parasites en arrivant à Puno car depuis 3 semaines, les selles de Sam ne sont pas normales. Nous sommes soulagés de le voir de nouveau jouer car il était scotché dans mes bras depuis 3 jours.
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Ce matin, rebelote, un homme vient car on lui a signalé une tente suspecte. Les habitants sont si méfiants ici !

Journée inintéressante faite de descente puis de plat car nous quittons les montagnes pour l’altiplano (les hauts-plateaux), un peu d’asphalte et beaucoup de tape-cul sur des pistes en ligne droite.

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Benoît finira par avoir si mal aux fesses qu’il veut s’arrêter camper au plus vite sauf que la vallée est hyper habitée. On s’installe derrière un petit muret.

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Vers 16h, je vois l’habitante de la maison située à 500m passer proche de nous pour récupérer ses bêtes. Je vais à sa rencontre avec Sam dans les bras pour lui signaler notre présence et je me fais très mal recevoir… La dame commence par me dire qu’elle ne parle pas espagnol mais quechua (dans un très bon espagnol) puis part dans une tirade peu aimable pour finir par dire que l’on doit partir ou elle appelle la communauté. Bouche bée, je lui réponds qu’on ne gêne pas où on est et que dès demain matin on sera partis mais elle me répond que nous gênons car nous sommes trop près des habitations.

Décidément les habitants de cette région ne sont pas tous sympas ! En 10 min, nous démontons la tente et remettons nos sacoches sur les vélos, heureusement rien n’était vidé. Il se fait tard pour chercher un bivouac alors nous faisons 2 km et on installe la tente près d’un champs loin des maisons après avoir demandé la permission à une charmante dame qui ramenait ses vaches. Ce dont on ne s’est pas rendu compte tout de suite, c’est qu’une piste passait dans ce champ ! et voilà moult motos et voitures qui passent à côté de nous alors qu’on se croyait un peu cachés ! Ce soir, on attache toutes nos sacoches ensemble car le risque de vol est très élevé.

Les blogs des cyclo qui ont fait le tour du lac titicaca racontent souvent un accueil froid et des refus de laisser planter la tente dans les champs. Nous commençons sérieusement à nous demander si ça vaut le coup d’en faire le tour car on ne veut pas galérer tous les soirs.

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06/10
44km
dénivelé positif = + 300m   dénivelé négatif= – 350m
nuit à 4160m d’altitude

Pas de vol et encore une nuit hachée pour Sam malgré le début de guérison. Un homme vient discuter avec nous pendant le petit dej et finit par nous demander un cadeau !? Décidément, on n’accroche vraiment pas avec les gens ! Heureusement que nous avons passé 1,5 mois vraiment très agréable avec la population parce que sinon nous aurions envie de faire une généralité de ses péruviens des hauts plateaux.

Nos mollets nous amènent au site archéologique de Silustani qui se trouve sur un promontoire au dessus d’une lagune. Des tours funéraires pré-incas y sont érigées. Encore une fois, nous évitons le tourisme de masse qui arrive dans l’après-midi. Nous profitons donc tranquillement du site.

Depuis la matin et après 5 nuits sans dormir, nous sommes tous les 2 à cours d’énergie. Nous devions rejoindre Puno par des mini pistes avec du dénivelé mais je ne me sens pas capable physiquement d’y aller et éprouve une certaine urgence à arriver à Puno pour nous reposer. Nous prenons donc la route asphaltée.

Au début tranquille, nous rejoignons un axe à très très fort trafic. Les camions et les bus double étage manquent de nous faire tomber avec le souffle qu’ils créent. Nous roulons sur le bas-côté puis celui-ci disparaît sur les derniers kilomètres. Nous sommes éreintés psychologiquement et physiquement. Nous n’osons pas pédaler sur la route tellement le trafic est intense et les virages dangereux. Nous pousserons donc les vélos dans l’herbe en montée pendant plusieurs heures. Heureusement, Sam reste tranquille dans sa remorque à écouter via le téléphone portable les histoires et chansons contées par sa famille proche (cousine, tantes, grand-parents et arrière-grand-mère).

Benoit prévoit de la descente à chaque tournant mais nous ne faisons que monter en poussant jusqu’à la banlieue de Puno.

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Une fois en centre ville à 17h sans avoir de nourriture pour le dîner de Sam, je mets 1h30 à tourner dans les rues pour trouver un hôtel avec la place pour les vélos et pas trop cher ( Hospedaje Urpi 348 Jr Taracapa, à une rue au dessus du parc Pino et de la rue piétonne Lima possède un garage et des chambres économiques avec wifi).

On se remontera le moral avec un hamburger et des pâtisseries avant d’aller au lit après la journée la plus horrible que nous ayons eu. Nous sommes ébranlés par ces derniers kilomètres et nous nous promettons de toujours privilégier les pistes même en temps de grande fatigue.

07/10

Benoît a fait tomber ses lunettes avant hier qui se sont cassées net en 2. Ce matin, en 30 min, ses verres sont montés sur une nouvelle monture. Efficace ! Puis nous allons au laboratoire d’analyse pour une parasitologie des selles pour nous 3 (négative). Un tour au marché pour du yaourt car notre flore digestive est en vrac et les pharmacies ne vendent pas de charbon. A la 4ème pharmacie nous trouvons enfin des suppositoires de paracétamol pour Sam car lui faire boire des sachets la nuit par températures négatives a été une mauvaise expérience.

Nous donnons l’adresse de notre hôtel à la famille de cyclo française avec les 3 enfants rencontrée à Arequipa et les voilà qui débarquent avec leurs 5 vélos à notre hôtel ! quel plaisir de nous raconter nos dernières aventures ! Nous nous racontons notre vie à 8 dans leur minichambre puis nous allons nous offrir une pizza et surtout un apéritif pour la première fois du voyage.

Bref, on se requinque avant de partir faire le tour du lac !

NB 1 : Vous avez sûrement remarqués les accents et la ponctuation française, il faut remercier la famille BRU pour le prêt de leur ordinateur.

NB 2 : Sam grandit ! Les nouveautés:

  • il comprend quand on lui dit « non ». Il s’arrête, se retourne vers nous et généralement arrête de faire sa bêtise jusqu’à ce qu’on ait le dos tourné 😉
  • il répond bien à son prénom
  • il crie de bonheur et de mécontentement. Heureusement , ils sont petits et pas trop stridents !
  • il adore montrer du doigt
  • il fait des calins en se blotissant
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