Pérou

Quiñota – Huacullo – Caylloma

Les 2 américains dont on suit les cartes ont dit de ce parcours que c’était le plus beau qu’ils aient fait dans les Andes, ce n’est pas rien. Nous sommes donc pressés d’aller nous perdre dans la pampa.

J22 (14/09)
km= 19
dénivelé positif = 481m  négatif= -146m
nuit à 3994m

On fait le plein de nourriture pour les 6 prochains jours qui nous séparent du village de Huacullo. Sans oublier de remplir nos sacoches de chocolat ! les   » sublimes » au chocolat au lait et cacahuètes ont le goût de M&M´s !!!!

Au moment de partir, on se rend compte que mon pneu est totalement à plat…. Une rustine plus tard, nous partons faire nos 100km sans village mais avant, à 15km de là, nous attendent une corrida avec un picnic. L’arène se trouvant bien au dessus du village d Accoito, nous avons laissé nos vélos dans une tienda et sommes montés à pied en oubliant le déjeuner de Sam dans sa remorque… ça sera donc frite-pâte et poulet pour lui aussi !  L alcool coule à flot (Bière de Cusco) et les gens dansent. Pas de mise à mort des taureaux, ouf!

A 14h30, on reprend nos vélos et débutons une partie à fort dénivelé. Morts de fatigue et sans aucun endroit plat en vue, nous demandons à un papy qui nous parle en Quechua si on peut dormir sur une partie plate devant sa ferme. Réponse longue et incompréhensible, ça veut sûrement dire oui !!! Plus tard, une femme viendra nous apporter une soupe (c était pour Sam mais il dormait déjà) qui s’est avérée infecte. Poliment on va se forcer à la manger. Elle nous expliquera ce que papy a voulu nous dire, son fils, le proprio des lieux est à la corrida avec un taureau. Il rentrera dans la nuit « complètement bourré » selon les dire de Madame et il risque de « nous embêter » … Pas dans le sens, ne pas être content qu’on soit là mais dans le sens vouloir discuter en plein milieu de la nuit de façon pas forcement logique. Mmmh cette nouvelle ne nous enchante guère mais bon, trop fatigués pour changer d’endroit, on se prépare à affronter la bêtise de l’ivresse.

IMG_0945

J23 (15/09)
km= 10
dénivelé positif = 280m  négatif= -150m
nuit à 4660m

Finalement pas d’homme bourré dans la nuit ! juste une douce pluie encore et encore… Nous décidons de déguerpir vite fait avant le réveil de Monsieur. Le petit dej sera donc pris plus loin, Sam dans sa remorque à l abri (qui pleure parce qu’il veut sortir) et nous sous la pluie. La journée commence mal, on aurait du se méfier !

Nous continuons le fort dénivelé en pédalant quand possible et sinon en poussant les vélos. La pluie s’arrête et reprend de plus belle. A 11h, on décide de s’arrêter déjeuner en montant la tente pour être à l abri. Quand nous repartons, la piste devient impraticable en vélo : trop d inclinaison, trop de pierres glissantes et nous dérapons en poussant nos vélos. Depuis que nous sommes sur des pistes sans asphalte, j’ai une tendinite à l’épaule droite à force de tenir fortement le guidon pour ne pas tomber. Pousser le vélo dans des pentes entre 10 et 16% d’inclinaison me ravive fortement les douleurs.

Benoît se démène avec son vélo et la remorque mais son moral diminue à vitesse grand V. Première fois que je le vois à ce point fatigué et démotivé. Il faut dire qu’il pleut toujours et que nous savons que le col est encore très très loin. La piste va t-elle rester impraticable jusqu’en haut ? Nous avons vu quelques motos le matin puis rien l’après-midi jusqu’à ce camion qui monte derrière nous et semble vide. Nous hésitons à l’arrêter puis finalement montons dans la benne et nous le laissons nous conduire jusqu’où il va.

Nous montons donc jusqu’au col. La piste était impraticable en vélo jusqu’en haut ! On aurait mis 2 jours, beaucoup d’énergie et probablement quelques larmes de ma part à faire ce chemin. Mais qu’est ce qu’on fiche là ! On n’est pas venu se faire du mal et sous la pluie. Le camion redescend dans une autre vallée puis remonte sur un plateau, oui un plateau bien plat à 4900m d’altitude long de 14km et battu par les vents. Incroyable vision que ce plateau avec les montagnes enneigées qui l’entourent. Il parait qu’un de ces pics est l’Ausangate dont nous avions fait le tour en 2010 sur 7 jours rien que tous les 2. Bon souvenir ! Mais revenons à notre plateau. Nous sommes dans une benne en bois dont les bords disjoints laissent passer le vent glaciale et l’absence de toit, la neige. Nous sautons tellement sur la piste que nous devons tenir tous les 2 la remorque dans laquelle Sam dort. Benoît dira plus tard qu’il n’a jamais eu aussi froid de sa vie pour dire à quel point on ne faisait pas les fiers debout dans cette benne. Nous avions sur nous juste une polaire et nos vestes de pluie. Seul l’apparition irréelle de vigognes ( sorte de lama beaucoup plus svelte et gracieux se rapprochant de l’antilope) pile dans un rayon de soleil nous fera sourire.

Presque 3h plus tard, le camion s’arrête enfin. Benoît, les doigts ankylosés par le froid à du mal à descendre nos vélos et rattacher la remorque malgré l’aide des 2 hommes du camion. Avec espoir, je leur demande si demain, ils ne continuent pas leur route sur la piste mais non, ils repartent dans l’autre sens. Vu notre état psychologique, la météo horrible et la piste impraticable d’aujourd’hui, on leur dit de venir nous rechercher demain pour repartir dans l’autre sens. En attendant, ils nous invitent à nous installer à l’abri dans une de leur bergerie inoccupée.

Comme nous avons un toit au dessus de nous et surtout peu d’espace pour monter la tente en entier, Benoît monte juste la chambre sans le double toit avec ses doigts congelés malhabiles. Quand je couche Sam, nous essuyons une forte pluie et le toit fuit sur la tente. Urgence ! il ne faut pas que la chambre de la tente soit trempée. Benoît d’une humeur maussade auparavant passe à une humeur massacrante tout en s’affairant à monter le double toit entre les murs de la bergerie. Sam dort dans mes bras car je n’ai nul part où le poser donc j’aide comme je peux, c’est à dire pas beaucoup. Un thé et un dîner plus tard, Benoît s’est réchauffé et nous étudions un peu notre position. Le camion nous a bien avancé et nous ne sommes plus qu’à 40km du village de Huacullo mais surtout une fois passé le col, les dénivelés sont moindre et nous pourrions y être en 2 jours si la piste est cyclable. S’il fait beau demain ,on pourrait peut être les faire ses derniers kilomètres ?

J24 (16/09)

Sam nous réveille à 6h. Avant de sortir de la tente et d’y faire descendre la température (4660m d’altitude), nous le faisons petit-déjeuner, le changeons et nous nous habillons. Il fait 6 degrés dans la tente et 2 dans la bergerie.

Nous sortons pour voir le temps et surprise :

Il neige !!!! Bon bah, le choix est fait, on reprend le camion dans l’autre sens ! On se recouche un peu avant de tout préparer pour midi, heure à laquelle ils ont dit venir nous chercher.P1060911

Bref midi arrive, personne… (on se doutait du manque de ponctualité)  14h, personne… là, on se pose beaucoup beaucoup de questions:

  • vont-ils venir ?
  • s’ils viennent, doit-on repartir dans l’autre sens si tard dans la journée ? Il va faire froid, la nuit tombe à 18h, où vont-ils nous déposer car ils ne prennent pas la piste de Quiñota ? Trouverons-nous rapidement un terrain plat pour camper ? Avons-nous un jour de vélo avant de rejoindre Quiñota ? et de Quiñota, que faisons-nous après ?
  • qu’est ce qui est plus raisonnable : partir avec le camion ou rester ici jusqu’à ce qu’une fenêtre météo nous permette d’avancer vers Huacullo ? Nous avons assez de nourriture pour patienter et de l’eau coule pas loin. Sauf que si la piste est pourrie, le prochain col est quand même à plus de 5160m d’altitude !!!!!

Nous ne paniquons pas du tout. On a peur de regretter un des choix. Nous n’avons pas froid, nous avons à boire et à manger (Merci le bon chocolat au goût de M&M s) mais nous ne savons pas trop quoi faire. C’est sur, il faut quitter la haute montagne à cause de cette fichue météo mais par où ?

15h30 On va faire le plein d’eau au cas ou il faudrait rester une nuit de plus

16h Feux vert à Benoît pour remonter la tente. La température descend vite à partir de 17h00, il faut mettre Sam à l abri. Franchement incompréhensible qu’ils ne soient pas revenus nous chercher. Hier encore, ils s’inquiétaient de nous voir ici avec un bébé et nous ont poussé à revenir avec eux.

Bizarrement, comme nous n’avons plus le choix, la suite s’est imposée à nous, nous sommes d’un coup super détendus, pas de regrets possible. Benoît me dit même être super motivé pour passer ce col. Même si la météo est mauvaise, nous avons les habits adéquats et Sam sera toujours au chaud dans sa remorque, il faut juste que la piste soit assez  bonne pour que nous pédalions au lieu de pousser. Au pire, il y a 8km à pousser jusqu’au col…

Dans cette histoire, nous avons gagné une journée de repos forcé (physique pas mentale !) au lieu d’être dans les pentes à 12% du 1er col avec un moral dans les chaussettes et en plus, en passant 2 nuit à 4660m, nous seront mieux acclimatés pour passer les 5000m en vélo. Conclusion, on s’en sort bien et nous n’avons de toute façon pas le choix !!!

17h: j’entends un moteur puis un klaxon. Ce sont eux !  Je savais bien qu’ils n’avaient pas pu nous abandonner là ! On leur explique qu’il est trop tard pour partir avec eux, la nuit va tomber et Sam va se coucher bientôt. Ils s’excusent d’avoir dû travailler si tard puis s’en vont en nous laissant dormir dans leur bergerie.

Benoît, motivé à bloc, règle l’altitude de nos compteurs de vélo. Cette altitude varie selon la pression donc si dans la nuit et demain matin, notre altitude a diminué c’est que la pression a monté et qu’on peut espérer beau temps pour le col ! Let’s see…

IMG_1001
Rayon de soleil dans l’après-midi

J25 (17/09)
km= 15
dénivelé positif = 480m  négatif= -170m
nuit à 5000m

Tiens, on a baissé en altitude sur nos compteurs et verdict dehors: il fait super beau, les montagnes sont dégagées! Nous nous dépêchons de ranger avant que la météo ne change car hier après la neige sont venus le beau temps, la pluie, la grêle et re le beau temps, nous nous méfions de la stabilité du temps !

Sam aussi est motivé, 2 jours qu’il entend parler de ce col alors allons y !

IMG_1013

Nous montons sur une piste IMPECCABLE !  Peu de pierres, qui monte doucement sauf sur 500m où nous allons pousser ensemble chaque vélo car au dessus de 4900m, nous accusons le coup de l’altitude. Nous pédalons à la vitesse folle de 3-4km/h ! si si c est possible avec nos 3 plateaux et 10 pignons, on peut pédaler dans le vide 🙂

Nous nous sentons extrêmement chanceux devant cette belle piste et le temps qui se maintient. Pause déjeuner à 5000m vers 11h car nous voyons des nuages noirs arriver. On s’installe au milieu du chemin puisqu’aucun véhicule ne passe jamais sur cette piste  et nous profitons du soleil dans la bonne humeur. Au moment de la vaisselle, les premiers flocons tombent puis la grêle et la pluie prendront le relais jusqu’au col. La piste commence à être collante mais c’est dans l’ultime ligne droite qui mène au col de 5160m d’altitude que la boue va s’accumuler entre ma roue et mon garde boue, bloquant entièrement la rotation de la roue. Le vélo ne peut plus bouger, ce qui me fait vraiment rire ! Situation débile que de voir le col à 100m de moi et d’être immobilisée après tant d’efforts. Benoît le porte jusqu au col, avec une tige, on enlève la boue et nous voila repartis dans la descente !

500m plus loin, nos 2 vélos sont bloqués par la boue et une tempête de neige s’abat sur nous. Beaucoup moins drôle. Benoît me dit de m’habiller chaudement pendant qu’il démonte nos gardes-boues (on comprend mieux leur nom…). Me voila saucissonnée dans ma doudoune, ma veste de pluie, mes sous-gants, mes moufles, mes sur-gants imperméables. Je n’arrive même plus à freiner et changer de vitesse avec mes 3 épaisseurs de gants et je m’en rends compte une fois partie dans la pente, hum hum… Heureusement, la piste va remonter un peu plus loin !

On s’enregistre à une mine que nous traversons puis nous cherchons un endroit où camper. Nous savons que la piste descend au plus bas à 4960m donc autant dire qu’on est haut. Nous trouvons un terrain plat à 5000m d’altitude et la neige reprend pile au moment où Benoît plante les premières sardines. Rapidement, Sam et moi passons sous la tente installer le tapis de sol et la chambre pendant que Benoît consolide les sardines avec de grosses pierres. Nos sacoches sont pleines de boue. On met Sam à la sieste car il est tôt et nous nous allongeons aussi dans nos sacs de couchage. On l’a fait ! On a passé ce col MEGA SUPER HAUT ! La neige s’accumule sur la tente et Benoît sort déblayer. Il me prévient que s’il neige cette nuit, il devra déblayer pour que la tente tunnel ne s’affaisse pas. Mmmmh oui…. pas très envie d’ouvrir la tente à cette altitude en pleine nuit et faire rentrer le froid mais ok. 6degrés à 18h, 3 degrés à 18h30… Ok on se prépare aux températures négatives pour la nuit.

Petite anecdote: nos compteurs de vélo sont restés bloqués à 4999m d’altitude car visiblement le constructeur n’a pas pensé que certains feraient du vélo au dessus de cette altitude hihihi

J26 (18/09)
km= 26
dénivelé positif = 300m  négatif= -600m
nuit à 4800m dans l’hôtel de Huacullo

0 degré dans la tente au réveil, pas de neige cette nuit et pas très motivés pour sortir des duvets. Nous rangeons nos affaires à l’intérieur puis je m’assois dans une chaise dehors en tenant Sam contre moi pour le protéger du vent pendant que Benoît démonte la tente. Nous ne pouvons pas le laisser seul sur le sol humide. Il finit par s’endormir calmement. A ne pas bouger, face au vent,  j’ai tellement froid que je pleure d’impuissance. J’ai besoin de me réchauffer, de bouger, de frotter mes mains, de sautiller pour faire remonter ma température mais je ne peux pas bouger. C’est une grande chance que Sam dorme dans mes bras, c’est le mieux qu’on puisse espérer pour lui actuellement. Le soleil finit par percer quand Benoît ferme la dernière sacoche. J’ai froid. Vite, allons pédaler !

La piste monte. Je me réchauffe vite dans les montées. La neige a déjà fondu sur la route quand nous enfourchons nos vélos sauf sur une partie toujours à l’ombre et très froide contre une paroi rocheuse. La neige va couper nos forces et nous obliger à faire une pause avant de passer un nouveau col à 5060m.

Benoît commence à être de nouveau malade, il ne se sent pas bien. Nous voyons avec soulagement ce dernier col arriver. Au moment où on pense descendre définitivement, nous nous retrouvons 100m plus loin avec un énorme passage boueux qui remonte. Coup dur au moral. Nous nous mettons à 2 pour pousser chaque vélo puis nous voici enfin dans la descente vers le village. Nous traversons de nouveau de la boue à moitié sèche mais en descente, c’est beaucoup moins fatiguant et nous remercions le ciel d’être clément car la boue pourrait être bien plus affreuse s’il pleuvait.

Arrivés à 1km du village, nous découvrons que la route fait en fait un détour de 7km à cause d’une zone marécageuse et BIM ça monte BIM vent de face. Et hop moral dans les chaussettes… surtout que Benoît n’a pas faim, nous n’avons pas déjeuné. On pousse à 2 nos vélos pour monter ce fichu détour. Bref, fin de journée pas facile ! Mais les paysages seront de mon avis les plus beaux que l’on ait vus depuis le début.

Nous prenons une chambre dans l’unique Hospedaje du coin sans eau courante ni électricité sauf le soir une fois la nuit tombée, la lampe du plafond va s’allumer. Question aux habitants :
« comment sort-on d’ici ? et vers quelle ville ? »
« Il y a un bus jeudi vers Espinar. »
« Ok, on est quel jour ? »    Lundi….

Nous faisons le tour du village pour demander si un véhicule compte partir demain mais sans succès. On nous conseille de rejoindre Culipampa à 7km d’ici où parait-il, il sera plus facile d’avoir un transport.

Nous dînons un super plat bien cuisiné en repensant à ces derniers jours où nous avons pu pédaler dans des paysages époustouflants et finalement avec une météo plutôt clémente. C’était génial, sans regret mais maintenant, il faut qu’on sorte de là ! car notre route initiale en vélo passe encore par 3 cols à plus de 5000m, hors de question de les faire !

Bilan pour Sam :

  • il n’a pas eu froid, merci les vêtements de bonne qualité ! Nous avons triplé les couches de laine mérinos en haut et doublé en bas + la combinaison polaire + la combinaison doudoune;
  • Il était tellement boudiné qu’il tenait difficilement assis avec les jambes raides… Je suis bien contente d’être dans une zone plus chaude pour le voir déambuler comme il le veut;
  • Nous n’avons pas pu lui changer les couches régulièrement car il fallait enlever les 2 combinaisons et il faisait vraiment froid pour être fesses à l air. Du coup, il a eu les fesses abîmées mais il valait mieux ça que d’attraper froid (ce jour, ses fesses sont redevenues parfaites);
  • Il est resté de bonne humeur et a bien rigolé avec nous;
  • Son appétit est revenu dès les 1er jours et il a mangé comme un ogre tout ce qu’on lui avait pris.P1060803

J27 (19/09)
km= 7

La piste pour Culipampa est facile, entourée de pics enneigés et sous le soleil mais la boue s’invite dans nos gardes-boues arrières (ceux à l’avant étant toujours enlevés) et nous devons redoubler d’efforts pour avancer. 2h pour 7km…

En arrivant au village de Culipampa, nous tombons sur une horde de minibus qui montent des ouvriers à une mine à 3h de route de là. Les chauffeurs nous prennent en pitié et nous disent que si nous ne trouvons aucun transport pendant la journée, ils nous prendront vers 23h30 ce soir. A part un camion plein de lamas, aucun véhicule ne partira dans le bon sens. Nous attendons toute la journée dans un restaurant. Je couche Sam dans une chambre. La nuit tombe, il fait froid. On tente de se reposer un peu mais nous sommes un peu sur les nerfs car ils nous ont dit qu’ils allaient klaxonner pour voir si on est toujours là et continuerons leur route. Nous hésitons beaucoup sur la destination : Caylloma une petite ville où nous devions finir ce trajet pour enchaîner sur des canyons, Chivay une ville touristique à l’entrée du canyon de la Colca ou Arequipa 2ème ville du pays, non prévue a notre trajet initial mais très belle ville. Arequipa étant à 10-12h de route, on se décourage un peu. Tiraillés entre besoin de repos/confort et finir ce qu’on a commencé avant d’aller en ville.

A 23h30, il fait nuit noire, des lumières descendent la montagne. Il fait tellement froid dehors et nous sommes fatigués mais c’est bien pour nous. En quelques minutes, nos vélos sont attachés sur la galerie de la voiture qui ouvre le convoi et nous montons dans un minibus chauffé. Les minibus vont vite sur une piste en mauvais état. Les amortisseurs sont dépassés et nous sommes secoués en tous sens. Sam n’arrive pas à dormir tellement ça tremble (alors qu’il dort très bien dans sa remorque qui bouge en tout sens) et nous devons le tenir fort pour qu’il ne finisse pas dans le plafond. A 4h du matin, nous sommes déposés en quelques secondes sur la place centrale de Caylloma, les feux disparaissent dans la nuit, nous laissant sur le trottoir dans le froid. Sam n’a toujours pas dormi. Heureusement nous trouvons tout de suite un hôtel et allons dormir 3 petites heures. Nous allons finir de visiter cette région avant d’aller nous reposer en ville.

J’allume mon portable à notre réveil et là, je regrette le choix de Caylloma… Je n’ai pas la 3G pour parler à ma famille, pas skype à l’unique internet du village, transport de nos vélos vers Arequipa ou Chivay archi compliqués et je ne me vois pas du tout repartir en vélo sans réseau.

Les bureaux de l’entreprise de ma soeur et de mon beau frère viennent de s’effondrer à Mexico suite au tremblement de terre avec eux et leur équipe dedans ainsi que ma nièce de 5 mois. Les SMS arrivent et je lis avec effroi comment ils s’en sont sortis de justesse en sautant dans l’immeuble d’à coté. Ma soeur est a l’hopìtal avec 2 pieds cassés et entorse cervicale, les petites vont bien physiquement. Les sms continuent d’arriver car des personnes de l’équipe de Gwen n’ont pas pu sortir à temps de l’immeuble. Les recherches sont en cours. Parmi les victimes, une personne qui nous est chère. C’est grâce à elle que j’ai pu faire faire ma robe de mariée.

Abasourdie, inquiète et triste, je ne rêve que de sortir de ce coin pommé. Après une douche chaude, je réalise qu’on est bloqués ici et que le mieux est de partir faire les 80km qui nous séparent d’une ville où nous pourrons prendre le bus. Je sais que Gwen et sa famille sont à l’abri des répliques de tremblement de terre qui vont arriver alors vite, faisons ces 80km !

 

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