Pérou

Chuquibambilla – Progreso – Chalhualuacho

Nous venons de dépasser les 200km (oui c est tout) et les quasi 5000m de denivelé positif grimpés avec nos guibolles!

01/09 : Benoît est officiellement en congé parental et a raté sa première rentrée depuis 8 ans ! Pour rappel, ce voyage devait être notre voyage de noces mais n’ayant pas pu avoir de congés par l’éducation nationale, nous avons profité de la venue de Sam parmi nous pour prendre de droit un congé parental de 6 mois. Il a donc le temps de profiter de son fiston et de lui montrer comment on entretient des vélos !

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J10 (02/09):
km = 22
dénivelé positif = 265   négatif= 565
altitude du bivouac = 3000m

Nous quittons  notre super hôtel silencieux et agréable qui était le seul de la ville à pouvoir nous accueillir avec nos vélos. Nous avons d’ailleurs appris que des Coréens et des Philippins étaient passés par là les années précédentes. Vous devez vous demander comment avons-nous atterris dans cette région non touristique. D’après les blogs des 6 ou 7 familles avec enfants qui ont fait le Pérou en vélo, ils ont tous choisi de partir en vélo de Nasca vers Cusco. Nous avons déjà visité Cusco il y a 8 ans et ne souhaitions pas y repasser. Nous avons donc décidé de suivre les topos de 2 américains qui ont fait un super  site avec de nombreux parcours alternatifs que peu de gens suivent.

En quittant la ville, nous quittons l’asphalte et notre petit confort. Il va falloir s’y habituer car ça sera notre quotidien. « pura tierra » nous dit on … « pura piedra » serait plus adapté car nous dérapons sur les cailloux. 5km/h en montée (on pédale dans la semoule !) et 10km/h en descente… frustrant mais on dérape tellement vite !

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Nous descendons dans une superbe gorge. Au déjeuner, Sam est la star et on s’occupe de lui pendant que nous mangeons tranquillement nos plats. Dilemme: il existe 2 routes pour aller à Curasco: une qui monte dur, fait un gros détour mais est bien décrite sur nos cartes, l’autre part doucement le long de la rivière et est utilisée par toutes les voitures car plus rapide… On choisit: grimper la montagne par une route très inclinée et en mauvaise état mais sans trafic et heureusement la vue compense !

La nuit se fera dans les cactus ( Benoît a porté les vélos, pas question de percer nos chambres à air !). Nous pensons être seuls sur cette montagne mais nous nous rendons compte que nous sommes sur le chemin des fermes isolées pour aller en ville. Nous essuierons donc une fois dans la tente un jet de cailloux par 2 jeunes un peu bébêtes.

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J11 (03/09):
km = 13
dénivelé positif = 572   négatif= 1
altitude du bivouac = 3723 ( au col)

Cette route est terrible. Elle monte à fond et est couverte de pierres. Le bon coté, c est qu’on monte plus vite en altitude me dira Benoît pour m’encourager. Nous sommes lents mais finissons par arriver sur un plateau où l’inclinaison de la route s’adoucit et les kilomètres de notre compteur commencent enfin à augmenter.  Finis les cactus, nous sommes dans une plaine d’altitude. Un charmant village avec une belle église nous permettra une pause agréable avant de repartir chercher un bivouac juste au dessus. Manque de bol, pas de bivouac possible. Sam pleure et nous ne pouvons pas trop nous arrêter, pressés par le temps car la nuit et le froid tombe vite. C’est finalement au col que nous trouverons un terrain plat pour nous accueillir même si nous ne sommes pas cachés de la route. Sam revit et fait les 400coups en attrapant tout ce qu il ne doit pas attraper, sourire aux lèvres.

PS: La nounou de Sam guyanaise (amérindienne) nous avait dit qu’il fallait appeler Sam à chaque fois qu’on changeait d’endroits pour que les esprits ne le rendent pas malades. Nous nous appliquons à le faire ! En plus, nous transportons une gousse d’ail et des herbes que nous a donné la tenancière de l’hôtel à Lambrama pour que les Monts ne le rendent pas malades et le protègent. Si avec ça, il tombe malade, je ne comprends pas !  ( Benoît vient de m’avouer les avoir retirés aujourd’hui le 06/09 !!!!)

J12 (04/09):
km = 20
dénivelé positif = 150     négatif= 410
altitude du bivouac =3430

Levés a 6h (merci Sam), nous profitons de l absence de vent pour petit déjeuner devant une vue sublime. Le bon coté de dormir au col !

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On range tranquillement et partons à 9h pour le village de Curasco. Là, ça sera la folie du « bebito gringito con su casquito » ! On nous encercle, une soupe super bonne nous est apportée. Une petite fille se pose la question de la couleur des cheveux de Sam ( il portait sa cagoule). Je lui découvre donc la tête et immédiatement des rires fusent, Sam se marre aussi et des mains viennent toucher ses petits cheveux clairs tous fins. Incroyable ! Il est 11h30 quand nous repartons pour une superbe descente.

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NB: trouvez Benoit sur la photo !

On déjeune à la rivière pendant 2h. Décidément, journée pas productive du tout mais nous prenons du bon temps. Puis 3km de montée et nous nous arrêtons déjà bivouaquer car la route est à flanc de montagne et il n’y aura plus de bivouac possible avant longtemps. Pas 2 fois la même erreur, hier Sam n en pouvait plus de rouler.

J13 (05/09):
km = 21
dénivelé positif = 450    négatif= 150
altitude du bivouac = 3800

Nous sortons de la tente et un vent froid nous congèle sur place. Dur de se motiver à ranger et la fichue falaise (très très belle) au dessus de nous nous empêche d’avoir le soleil pour nous réchauffer. Nous montons encore et encore pour sortir de la quebrada jusqu’à un village dans les hautes plaines. Une vieille dame va me faire tourner en bourrique et nous allons vite déguerpir :  » porte ton bébé »,  » donne lui le sein », « il veut manger l’orange, donne lui » « pourquoi tu l’emmènes dans les montagnes, il va s’enrhumer » ( heu regarde donc les enfants de ton village qui sont sales et morveux… le mien est tout beau !)  » il va brûler au soleil » ( sauf qu’il a une casquette et qu’il est entièrement à l’ombre).

Bref, trop de mauvaises ondes… tchao ! surtout que nous retrouvons l’asphalte pour quelques kilomètres de plaisir alors nous les enchaînons. Pause déjeuner dans un super spot: un filet d’eau sur des roches et un muret pour que Sam tienne debout et joue tout seul.  Il a voulu aller jouer dans l’eau dans sa salopette verte imperméable. Quant il s’est trempé partout nous avons décidés de profiter du soleil pour le baigner. oui un bain a 3600m ! Sam trop heureux de jouer dans l’eau a été surpris par une bourrasque de vent gelé. Fin du bain en pleurs mais il sentait bon le savon ! On s’est fait un copain pendant le déjeuner. Un chien aux yeux et pelage couleur caramel. Caramelo, de son nouveau nom, décidera plus tard de nous suivre tout le reste de la journée et de garder notre campement la nuit. Il va pleuvoir la nuit pendant des heures et le pauvre chien sera transit de froid.

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Cauchemar de l après-midi : nous sommes arrêtés par des travaux sur la route. Quand on nous donne le feu vert pour passer, nos roues s’enfoncent dans de la terre meuble. Impossible de pédaler. Évidement ça monte dur, ça colle aux roues, aux pieds et nous poussons à coté de nos vélos comme des fous sans en voir le bout. Quand enfin on sort de ce bourbier, la route est bizarrement collante et nous enlèvent le peu de force et de bonne humeur qu’il nous restait. Pff même pas pour asphalter la route en plus !

J14 (06/09):
km = 3

On avait dormi juste avant le village de Progreso. Le chien nous a réveillé à 6h en aboyant contre une pauvre bergère qui passait avec ses bêtes à coté de la tente. Nous y restons la journée pour faire des courses et bien manger. Caramelo nous fera faux bond après plusieurs attaques violentes de chiens des rues .

Benoît, avec Sam en porte-bébé, se fait interpeller dans la rue pour lui demander si c’est « el padre » (le père). Question indiscrète quand même, bien sûr que c’est le père de Sam ! En fait, nous aurons l’explication par le sous-préfet puis plus tard devant  « el Padre » en personne. En effet, le prêtre de ce village est français, grand, baraque, 35 ans, cheveux poivre et sel, mâchoire carré et breton ! A part qu’il est bronzé, on comprend la confusion avec Benoît ! On l’invite à dîner et nous passons un excellent moment.  Deux francais sont passés en vélo en février, malades, il les a mis dans le bus pour Abancay. Il nous explique que le prochain village décrit dans notre topos est devenu une ville après l’ouverture d’une mine chinoise, il y a 5 ans. On se dit qu’on ira donc sur internet et peut être même une laverie !

J15 (07/09):
km = 30
dénivelé positif = 540    négatif= 560
altitude du bivouac = 3920m

Après un petit dej copieux (jus de papaye, thé, pain, riz, pomme de terre et viande) nous repartons à l’assaut d’un nouveau col. On a oublié de vous dire qu’on a découvert un nouveau métier: mouilleur de route. Oui oui mouilleur de route ! un gros camion citerne qui passe sur la piste et qui l’arrose. On pourrait se dire que c’est pour éviter la poussière mais je les ai vu faire la même chose sur le bitume. Qui dit eau + terre dit au pire boue et au mieux terre collante qui nous oblige à faire plus d’efforts pour la même distance. Et les gars nous aiment bien ( ils font des aller-retours donc on se voit plusieurs fois), nous klaxonnent et nous mouillent  » gentillement » la piste devant nous en pensant sûrement nous aider…. pfff mouilleur de route  quand même c est fou !  Vers 11h, une voiture s’arrête et Père Christian nous encourage une dernière fois avant de redescendre vers le village (PS: son oncle est l’évêque de Guyane !).

Pour la 1ère fois, la pause déjeuner se fera sous la tente à cause du vent froid et de la pluie. Oui parce que normalement il ne pleut pas avant Novembre mais cette année, le mauvais temps est venu tôt. Va t – repartir ? ça compromet la suite pour nous car sans soleil, il fait vraiment froid au dessus de 4000m.   La vallée est très belle et nous basculons à 4460m de l’autre coté.

Descente sur de la tôle ondulée qui tape les fesses. Les vallées sont jolies mais saccagées par l’Homme entre constructions moches, engins qui creusent n’importent où, déchets partout. Et pas de lieu de bivouac tellement les habitations sont nombreuses. Pas d’hôtel non plus. A 16h30, transis de froid, fatigués et sous un ciel très menaçant nous décidons de camper sur une petite route à la vue de tous ceux qui prennent cette petite piste, tant pis pour la sécurité.  Sam lui se réveille une fois arrivé, on le met vite au chaud sous la tente pendant que nous tentons de retrouver nos forces.

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J16 (06/09):
km = 30 en descente le plus souvent
Finalement personne ne viendra nous embêter sous la tente. La pluie est tombée une bonne partie de la nuit. Après le petit dej, je suis frigorifiée et je n’ai pas le courage de me changer en tenue de sport. Benoît lui a la tête des mauvais jours et m’annonce qu’il ne se sent pas bien. Il est habituel que le corps de Benoît craque après plusieurs jours d’efforts intenses. Normalement, nous savons que ça arrive 8 jours après le début et nous sommes au 16ème jour, il a bien tenu ! Personne n’est motivée, très bien, tout le monde au lit, on repart dans la tente jusque 9h30. Benoît est content d’être malade maintenant car le paysage dévaste par l’Homme ne s’améliore pas. Il ne rate donc rien en étant incapable de profiter de ce qui nous entoure. Nous arrivons dans la ville très moche de Chalhualuacho (urbanisation rapide par 12 000 ouvriers arrivés en 5 ans) mais je nous trouve un super hôtel pas cher avec wifi et salle de bain privée. Une douche chaude plus tard (la première depuis une semaine…), on dépose nos habits crasseux à la laverie et je cherche à faire plaisir à Benoît pour qu’il accepte de déjeuner : ça sera hamburger frite et chocolat chaud !

Abancay à Aréquipa from Les Toucans on Vimeo.

 

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4 commentaires sur “Chuquibambilla – Progreso – Chalhualuacho

  1. Coucou la famille Cracra!!!! Dommage que Caramelo vous ait quitté, c’était pas mal d’avoir un chien qui vous protégeait… On est contentes d’avoir pu vous parler aujourd’hui, de savoir que Benoit va mieux et que le Gringito a la patate!!!! Merci pour toutes les superbes photos, c’est tellement magique le wifi 😉 On vous fait plein de bisous

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  2. Coucou les amoureux,
    Merci de nous faire partager vos aventures à travers ces beaux récits de Nath (petits détails et commentaires. .. nickel!).
    Bonne continuation, profitez bien de l’aventure…
    En attendant les prochains récits ;-), on vous fais de gros bisous.
    Les chouchous

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